Disparition d'une figure de la bande dessinée : Claire Bretécher

Retour sur la carrière d'une illustratrice d'exception

 

C’est une bien triste nouvelle qui secoue actuellement le monde du 9ème art avec la disparition de l’autrice  et illustratrice Claire Bretécher. Une annonce faite par les éditions Dargaud le 10 février 2020. Cellulite, Agrippine, Les Mères, Thérèse d’Avila, ses héroïnes sont orphelines de leur créatrice décédée à l’âge de 79 ans. Retour sur la carrière de celle qui a été une source d’inspiration pour de nombreux dessinateurs et auteurs et qui a su s’imposer dans le monde très masculin de la BD à la fin des années 60.

Retour sur la carrière d'une illustratrice d'exception

Pionnière, elle s’est confrontée au monde très machiste et patriarcal de la bande dessinée dans les années 60 et 70. En 1975, elle déclarait même sur Antenne 2 (France 2 pour les plus jeunes) : « Le féminisme, c’est vraiment la seule chose qui m’intéresse ».
Née à Nantes en 1940, elle y entame une formation aux Beaux-Arts qui est rapidement écourtée, la bande dessinée y était alors mal vue. La jeune femme avait soif de liberté et décide de gagner Paris. Les premières années dans la capitale s’avèrent un parcours du combattant, ou plutôt de la combattante. Seule femme dans un milieu presque intégralement masculin, Claire Bretécher impressionne par son talent et son culot pour gagner sa place. En 1969, elle intègre la revue Pilote et contribue ainsi à faire émerger la bande dessinée adulte francophone. Dans le même temps, elle fonde en 1972 L'Écho des savanes.  Son œil se porte aussi sur la critique sociale, en singeant la gauche bourgeoise et bien-pensante dans Les Frustrés. En relisant ces planches aujourd’hui, on ne peut s’empêcher de penser à son côté précurseur et d’y voir des bobos bien avant l’heure ! 

les frustrés
 
Une artiste reconnue
Tout en continuant son travail de dessinatrice de presse, elle sort en 1988 sa seconde œuvre phare : Aggripine. La série sera vite couronnée de succès et prendra fin avec un 8ème épisode publié en 2009.

Une artiste reconnue

Unanimement, son travail est salué, elle reçoit notamment un prix du scénariste en 1975 puis un Grand Prix d'Angoulême spécial remis par les lauréats précédents en 1983. S’il est difficile de résumer la vie professionnelle de l’artiste, il est facile de souligner l’importance de son œuvre d’un point de vue féministe. Elle a donné naissances à une flopée d’héroïnes désormais ancrées dans l’inconscient collectif : Cellulite, Agrippine, Les Mères, Thérèse d’Avila… 
En avance sur son temps

En avance sur son temps

Isabelle Bastian-Dupleix, commissaire de la rétrospective qui lui a été consacrée au centre Pompidou en 2016 l’assure : « Elle n’était tendre avec aucun de ses personnages, ni les hommes, ni les femmes. Elle avait surtout un côté précurseur, elle s’est intéressée au féminisme, parfois en se moquant, à l’homoparentalité à l’époque où ce n’était pas d’actualité. » 
Au revoir Madame Bretécher, et merci pour tout !
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